« J’aurais préféré te parler de vive voix, comme tout conteur digne de ce nom… Je t’écris, faute de mieux, et parce que sans cela il me serait bien égal d’être mort ou vivant. »
Ce sont les mots de Nguirane Faye, un vieil homme de Dakar, au crépuscule de sa vie. Sentant la fin proche et n’ayant plus de nouvelles de son petit-fils Badou, émigré dans un lointain pays, il se lance dans un ultime acte de transmission : lui raconter toute l’histoire qu’il n’a pas pu partager, consignant ses mémoires dans sept précieux Carnets que le jeune homme trouvera à son retour à Niarela.
Ce qui commence comme une simple chronique intimiste de la vie quotidienne d’un quartier populaire se transforme vite en une fresque foisonnante et ambitieuse. À travers un subtil croisement de récits, Nguirane Faye dresse le bilan de son existence, mais aussi et surtout, fait ressurgir l’histoire de ses aïeux, la grandeur des royaumes anciens et la richesse de la culture wolof.
Ce roman est une fable politique et une confession intime, navigant entre un passé mythique et une modernité troublante. Boubacar Boris Diop nous livre une réflexion poignante sur l’identité, la filiation et devoir d’un peuple de regarder son reflet sans baisser les yeux.






